Résidence DON QUIXOTE

« Nous chevaucherons l’incertitude pour voir le monde en grand. »

RÉSIDENCE D’ARTISTES AU COLLÈGE FRÉDÉRIC MISTRAL DE LUNEL | DU 11 MARS AU 19 AVRIL 2019

Dans le cadre du dispositif départemental les chemins de la culture du conseil départemental de l’Hérault

LES POINTS DÉVELOPPÉS SUR LA RÉSIDENCE
— Esquisses sonore, textuelle, chorégraphique et scénographique
— Recherche sur le jeux en et hors plateau et sur les interactions possibles entre les artistes

ÉQUIPE :
— Axelle Carruzzo : Coordination du projet, Metteure en scène et Plasticienne
— Mathias Beyler: Metteur en Scène et Comédien
— Vincent Dorp : Écrivain et Musicien
— Christophe Beyler :  Plasticien et Scénographe
— Cyril Laucournet :  Vidéaste
— Jérôme Hoffmann : Musicien 
— François Cecccaldi : Musicien et Multimédia 
— Brigitte Négro : Chorégraphe
— Lorenzo Dallaï : Chorégraphe
— Avec la participation de Louis Beyler Comédien.

Avec le soutien du Département de l’Hérault


S’ENGAGER ENSEMBLE

Souhaitant privilégier le contact entre les artistes et entre la communauté scolaire et les artistes, nous avons axé avant tout ce premier temps de recherches sur la rencontre.

De la mi mars à la mi avril, le Nu collectif à développé un laboratoire autour de Don Quichoxe en proposant aux élèves et à l’ensemble du milieu scolaire, de tenter ensemble une expérience sur le vu et le non vu, l’être plutôt que l’avoir, pour scruter au delà des apparences et des évidences.
L’inquiétude de Don Quichotte est définie par Milan Kundera dans son essai « L’art du roman » comme la sagesse de l’incertitude. Le roman c’est le paradis imaginaire de l’individu : chaque roman dit au lecteur que les choses sont plus compliquées qu’il ne le pense dit Kundera. Aussi s’appuyer sur le réel pour le dépasser, observer un mur pour lui trouver son histoire, dériver notre vision vers ce qui existe en nous et qui ne se donne pas au premier regard était au cœur de nos recherches et de nos interventions.

LES SECTEURS DE RECHERCHE

Vincent Dorp ( avec Christophe Beyler, puis François Ceccaldi)
À consacrée la 1ère semaine à l’élaboration d’un court essai, prenant la forme d’un manuel de (non-) règles d’errances. Don Quichotte quittait sa bibliothèque pour parcourir le monde et se confronter au réel. Le texte quittait le sens pour se confronter au sensible. Puis l’a approfondi en seconde semaine, et accompagné par l’écriture d’une « image-fiction » – revisitation des clichés du récit de Cervantès sous un angle non-conventionnel.

Cyril Laucournet & Christophe Beyler
À partir de leurs médias respectifs, plastique et vidéo, ils ont approché Don Quichotte autour de la notion de chevalier et particulièrement de ce qui contribue à le faire chevalier, l’armure ; même si cette dernière à la fois dans le roman est illusoire, factice, inefficace. Après avoir fait plusieurs essais d’armures, qu’ils ont disposé dans l’établissement comme des mues abandonnées, ils ont réalisé une séquence vidéo dans laquelle le chevalier dans son armure de papier kraft erre dans les espaces du collège vidé de son activité. Il est seul, marche sans but, peut être à la recherche d’une cause à défendre qu’il ne trouve pas. C’est peut-être son drame.

Axelle Carruzzo et Jérôme Hoffmann
Ont développé parallèlement une installation sonore et une installation lumineuse, façonnant ainsi un «environnement possible», un espace de jeu dans lequel l’interprétation du public sur les actions qui y sont accomplies peut varier suivant la réactivité des lumières et l’activation des différentes sources sonores.

Lorenzo Dallai
Comment créer une danse à partir des gestes des combats de chevaliers ? Riche des explorations menées avec les élèves, Lorenzo à poussé cette réflexion avec Brigitte Négro sur le thème «combattre contre les moulins à vent ». À l’écoute des mouvements et des réactions du corps de l’autre, ils ont ébauché lors de la restitution de résidence une chorégraphie «duo-duel».

François Ceccaldi
Sa démarche s’est axée sur comment appréhender un espace par le son. Par la création d’une balade sonore, a façonné une réalité fantasmée, projetée et pu expérimenter ainsi comment, par différentes évocations sonores, nous pouvons visualiser des images et modeler notre réalité.

Brigitte Négro et Mathias Beyler
Ont exploré l’univers de Don Quichotte à travers des tableaux chorégraphiques. Leur recherche s’est articulée sur une exploration des mots clé «chevalerie», «chevaucher», «errance», puis dans un second temps avec le groupe d’élèves volontaires, au développement de tableaux mouvants.


Création Vidéo © Cyril Laucournet, sur une errance de Christophe Beyler


CRÉER « COMMUNAUTÉ »

Sur ces 6 semaines de résidence, 9 artistes de différentes pratiques et de différents horizons, ont pu expérimenter avec environ 270 élèves les différentes strates d’une création en les initiant aux multiples facettes nécessaires à sa mise en œuvre. Chaque semaine, plusieurs classes (entre la 6ième et la 4ième) ont participé aux ateliers menés par un binôme d’artistes. Certaines semaines ont été dédiées à la participation active de groupe spécifique, leur permettant de prendre part à l’élaboration du projet en vue de la restitution de résidence (groupe d’élèves Classe Ulis, groupe d’élèves EANA et groupes d’élèves volontaires-classes mixtes).

Au-delà de la transmission de techniques théâtrales et artistiques auprès des élèves, nous avons orienté ces rencontres sur la créativité de chaque participant, sa capacité à mettre en œuvre un univers qui lui est personnel, à être un acteur-auteur, autonome, par le biais d’une œuvre à la langue musicale, chorégraphique et visuelle. Et c’est bien là que réside la richesse d’une résidence d’artiste en milieu scolaire : créer un laboratoire de théâtre contemporain où l’autonomie et la créativité de l’élève est au cœur de la transmission, favorisant ainsi l’éveil artistique et la création d’une communauté mue par l’envie de découverte et de partage. Ainsi, lors de notre résidence au collège Frédéric Mistral de Lunel, avons-nous pu partager avec les élèves nos interrogations, prolonger nos recherches et créer ensemble de nouveaux langages avec comme point de départ l’univers de Don Quixote.