Auteur·rice·s
Lucille Calmel
Chercheuse d’écritures vivantes & Performeuse
2012-13 — Écritures de plateau : Introduction à « CAS_1 »
Lucille Calmel est performeuse, metteuse en scène, autrice, curatrice, chercheuse et pédagogue.
De 1990 à 1995, elle initie Les Trifides, un collectif de performeuses, puis dirige pendant dix ans avec Mathias Beyler la compagnie théâtrale expérimentale myrtilles ainsi que .lacooperative, un lieu de recherche et de résidence avec un accent sur les technologies et transdisciplinarités à Montpellier
Depuis son arrivée à Bruxelles en 2005, elle développe des créations, collaborations, recherches et programmations en chair et/ou en ligne en performance, poésie sonore et visuelle, musiques expérimentales, scènes et œuvres hybrides, numériques ou encore, interespèces.
Depuis 2013, la recherche l’animal que donc je suis —performance avec-par-pour des animaux autres (avec le soutien du FRArt fnrs en 2019-2021) intègre un ensemble de documentations, publications, conférences, workshops, résidences, créations textuelles, performancielles, installationnelles,,,
Elle est aussi appelée par diverses pratiques : e-veilles/collectes, écritures, voix/son (improvisation, deep-listening, field recording), somatiques dont la méthode feldenkrais
Lucille Calmel enseigne en installation performance & en cultures numériques à l’erg depuis 2019
https://theanimalwhoiamfollowing.wordpress.com/
https://www.facebook.com/whenimgoodimverygoodbutwhenimbadimbetter
http://vimeo.com/lucillecalmel
Jean Cagnard
Écrivain et metteur en scène
De 2021 à aujourd’hui — Écritures de plateau : « ESPACES VIVANTS »
La naissance en 1955, pas loin de la mer, tout près de la métallurgie. Plus tard, pas mal de petits boulots, rencontre avec l’écriture, bonjour, des chantiers de maçonnerie, tout en écrivant. Puis les choses prennent leur place, certaines disparaissent, au revoir, d’autres se fortifi ent, on élargit la vie, écrire est ce qu’il faut faire à tout prix Commençant par le roman, poursuivant par la nouvelle, le théâtre s’invite par des adaptations des deux genres précédents, avant de devenir prioritaire. La poésie pendant ce temps trace son chemin librement. Il écrit pour le théâtre de marionnettes et collabore depuis avec plusieurs compagnies (effigies, installation, vidéos…), pour des commandes qui ouvrent sur la relation au plateau. Puis découverte du travail de clown et du théâtre de rue. Plusieurs de ces textes ont été traduits et joués dans leur nouvelle langue, en espagnol, slovaque, roumain, anglais, allemand, chinois. Enfin plongeon concret dans la mise en scène. L’écriture est une matière vivante et donc susceptible de rencontrer des univers et des publics différents. Chaque fois un voyage. En 2005, création avec Catherine Vasseur de la Compagnie 1057 Roses à vocation de monter certains de ses textes. Là, le passage à la mise en scène, comme un long mûrissement, vient comme le prolongement naturel de l’écriture. La connaissance du plateau nourrissant la création même du texte. Le voyage s’élabore donc vers sa destination, là où le théâtre place sa particularité : la réalité. Et rendre réel sa propre pensée est encore une écriture.
Bibliographie de ces dernières années
Ernst Betrug
Auteur
2017 pour « ÉPILOGUE – A FEW SECONDS AFTER DARKNESS ∞ »
2021 – 2022 — Écritures de plateau : « ESPACES VIVANTS »
en cours de rédaction…
Gabriele Paupini
Auteur et Metteur en scène
De 2021 à aujourd’hui — Écritures de plateau : « ESPACES VIVANTS » et « La République des Autres »
Fondateur et codirecteur du collectif artistique transdisciplinaire Kollectif Hors Zone de Montpellier, il travaille entre la France et l’Italie en tant que metteur en scène, auteur et performeur. Il collabore régulièrement avec le festival Quartieri dell’Arte de Viterbe (IT), la compagnie Ardiente de Montpellier et le N.U. Collectif, notamment sur le projet Espaces Vivants et dans les ateliers à destination de publics fragilisés organisés en collaboration avec l’association CaminAktion. Diplômé en tant qu’acteur du Centro Internazionale La Cometa de Rome en 2014, il obtient une maîtrise en Création en Spectacle Vivant à l’Université Paul-Valéry de Montpellier en 2021, avec un mémoire sur le théâtre queer contemporain. Son travail, initialement axé sur la dramaturgie contemporaine internationale, s’est orienté au fil du temps vers l’écriture et l’hybridation des formes théâtrales avec la performance et la musique. Sa dernière création, It’s a DreamWorld, remporte le prix « Vivo d’Arte » du Ministère Italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et est présentée au festival de théâtre international Romaeuropa (IT) en octobre 2023. Auparavant, pour le festival Quartieri dell’Arte de Viterbo (Rome), il met en scène le spectacle Narcissus (2019) et crée l’installation vidéo I Veber (2020). Il adapte et met en scène Holding the Man (2019), d’après le roman homonyme de T. Conigrave, présenté pour la première fois au Teatro della Limonaia de Sesto Fiorentino (IT). Il traduit et met en scène la pièce Yukonstyle (2018) de la Canadienne S. Berthiaume, dont la première nationale a lieu au Teatro Studio Uno de Rome. Federico Guerri adapte pour lui le roman graphique Le sommeil du monstre d’E. Bilal, qui devient une performance-lecture et une installation vidéo-sonore (2018). En rue, il met en scène le spectacle Portrait de Famille – Autopsie d’une Môme d’A. Paris (2024) et il est coauteur et interprète de la performance Remparts au Festival d’Aurillac (FR-2022) et au Alarm & Future Festival de Bielefeld (DE-2023). Il a été deux fois demi-finaliste de Biennale College Teatro, organisé par la Biennale de Venise, avec les projets Small town boy de Falk Richter (2021) et son texte original Blue Hours (2023). Son nouveau texte Antropico, écrit sous la tutelle du dramaturge Federico Bellini dans le cadre du projet de nouvelle dramaturgie Futuro Passato, est publié en Italie par l’association Tinaos en 2023.
https://kollectifhorszone.com/blue-hours/
Orion Scohy
Écrivain
2016-17 — Écritures de plateau : « Kosmogong », « Genesis », « Au lac étale » pour « A FEW SECONDS AFTER DARKNESS ∞ »
2015-14 — Écritures de plateau : « Œ » pour « CAS_1 »
Extrait d’entretien entre Laure Limongi & Orion Scohy, pour La Revue Littéraire (bis) – Léo Scheer édition
L.L. : Ton écriture met en place un jeu permanent sur les lieux communs et autres topoï littéraires, de façon assez agressive, parfois, quant au ronron narratif classique. Peut-on dire – en tant que non-philosophe – que tu construis une espèce de dialectique romanesque : élaboration d’un roman + déconstruction de ce même roman = roman d’Orion Scohy ? Quel est ton rapport à cette forme romanesque au sein de laquelle tu développes tes livres ?
O.S. : Tu as raison mais, en fait, cette question de dialectique ne m’est pas propre : elle est propre au roman. Car si l’on considère, à juste titre, que le roman moderne est né avec Rabelais et Cervantès, on peut voir que, dès le début, sa déconstruction est corrélative à son élaboration. C’est-à-dire que la simple narration en prose d’une histoire ne suffit pas à faire un roman : par nature, celui-ci comporte sa propre critique, il se met lui-même en abyme, interroge son artificialité, met l’ironie – le questionnement – en avant, il ne reste pas en place. C’est bien après son apparition que les codes se sont figés, qu’on a voulu faire croire au lecteur que l’objet d’art complexe qu’il avait entre les mains n’était qu’un simple générateur de catharsis. L’émotion directe, le divertissement, l’identification aux personnages ou le bovarysme sont devenus les maîtres mots. Les traîtres mots, plutôt. Bien sûr, les exceptions sont nombreuses, mais c’est tout de même la tendance générale qui se dégage depuis le XIXe siècle (pourtant même Balzac, l’inventeur du fameux « roman balzacien » qui continue de constituer le modèle actuel, n’était pas dépourvu d’ironie et d’inventivité). Pour moi, le roman est par nature polymorphe, mouvant, et donc expérimental. Si j’opte pour la matière romanesque plutôt que pour la poésie, c’est peut-être parce que, comme tout le monde, j’aime aussi me laisser conter des histoires, j’aime être diverti, m’identifier aux personnages, j’aime ce pacte de lecture qui repose sur le mensonge – à condition justement de laisser au lecteur la possibilité de prendre la distance, de lui laisser déceler les ficelles ou du moins des bouts de ficelle, de dévoiler de temps à autre des facettes de l’artifice, de ne pas lui faire prendre des vessies pour des lanternes et la fiction pour un quelconque défouloir émotionnel ou placebo artistico-psychique. La narration, quand elle est dotée de cette conscience et de cette réflexivité-là, peut alors devenir un formidable outil de subversion. J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi après Flaubert, Nabokov, le Nouveau Roman, l’Oulipo, Queneau et tous les autres, la norme romanesque reste celle que l’on nous inflige. Mais d’aucuns me rétorqueront : « C’est normal, Raymond. »
Ses romans sont publiés chez P.O.L : Volume (2005), récompensé par le Prix Jeune Mousquetaire du premier roman en 2006, Norma Ramón (2008), En Tarzizanie (2012), et ses textes sont également parus dans des revues : If, BoXon, Écrivains en série (édition Léo Scheer), Squeeze, Le Chant du monstre et sur Gaité-lyrique.net, il développe uégalement des lectures-performances présentées au CCN de Montpellier (2005), à Montevideo, Marseille (2006 et 2012), au MAMCO de Genève (2012), à La Panacée, Montpellier (2013 et 2014) et à La Gaîté-Lyrique, Paris (2014).
Isabelle Sorente
Écrivaine
2014-15 — Texte « Quelqu’un cherche” pour « CAS_1”
« Nous sommes tous quelqu’un. Nous sommes tous en route vers un centre qui se dérobe. Quelqu’un : Précipitation de tous les possibles en un instant de solitude. »
Passionnée par les mathématiques, elle s’oriente d’abord vers des études scientifiques. Elle entre à Polytechnique, puis dans le Corps de l’aviation civile, où elle passe son brevet de pilote privé et s’essaie à la voltige aérienne. Elle suit en parallèle des cours de théâtre, notamment au Lucernaire et au cours Florent, où elle écrit et monte ses premières pièces. Le succès rencontré en 2001 par son premier roman, L, consacré au thème de l’addiction et à l’infantilisation des femmes dans une société conformiste, va la tourner définitivement vers l’écriture. Les thèmes de la métamorphose et de l’inassouvissement, la difficulté d’une quête spirituelle dans une société entièrement tournée vers la performance, sont omniprésents dans ses livres. Les romans d’Isabelle Sorente traitent notamment de la cruauté des phénomènes contemporains, comme l’addiction dans L ou le racisme dans La Prière de septembre, ils exposent des personnages confrontés à leur démesure (Le Cœur de l’ogre), à leur fantaisie (Panique) ou à leur propre pouvoir de métamorphose (Transformations d’une femme). Ses essais explorent, quant à eux, les limites et les excès de la rationalité, et la nécessité d’un entraînement de l’esprit à la joie et à la liberté. Paru en février 2011, son essai Addiction Générale analyse notre dépendance aux chiffres et à la productivité, en se fondant sur le paradigme de l’addiction. A la logique linéaire, compulsive, du calcul permanent, Isabelle Sorente oppose la valeur rationnelle et créatrice de la compassion, entendue comme magie sympathique plutôt que valeur religieuse (articles en ligne consultables ci-dessous). Dans son essai La femme qui rit (Descartes & Cie, 2007), Isabelle Sorente livre une vision théâtrale et charnelle de la réflexion sur le genre (gender studies), thèmes repris et développés dans son essai Etat Sauvage (Indigène Editions, 2012), où le féminin apparaît comme un entraînement radical à la liberté. En 2008, Isabelle Sorente fonde la revue RAVAGES, avec Frédéric Joignot et Georges Marbeck. Elle fait aussi partie des fondatrices et des fondateurs du magazine Blast. Sa pièce Hard Copy, comédie noire sur le thème du harcèlement en entreprise, est jouée en 2009 au théâtre Lumen de Bruxelles, à Paris, au théâtre du Lucernaire et à Avignon OFF. Son roman 180 jours (J.C. Lattès, 2013), basé sur une enquête, entraîne à l’intérieur d’un élevage industriel, où des liens tragiques se nouent entre les hommes et les bêtes. Son roman La Faille (J.C. Lattès, 2015) est à la fois le portrait d’une femme, Lucie Scalbert, et la description minutieuse d’une relation d’emprise amoureuse. Au-delà de sa composante psychologique et érotique, la manipulation y apparaît comme un mal contemporain, à travers lequel se transmettent les secrets de famille et se perpétuent les rapports de domination, dans la vie intime comme dans la sphère sociale. C’est à partir de situations quotidiennes, par touches irréversibles, que se nouent peu à peu les drames qui vont mener les personnages à affronter ou à nier leur vérité. Elle publie une autofiction, Le complexe de la sorcière (éditions J.C. Lattès, 2020), qui oscille entre travail de mémoire collective sur les chasses aux sorcières et introspection de la narratrice sur sa propre expérience de la persécution. En 2024, avec son roman L’instruction, paru aux éditions J.C. Lattès en 2023, elle obtient le Prix Ève-Delacroix de l’Académie française.
