After’s | Compte rendu de recherche | Création sonore

Entre février & décembre 2016 :

Recherche & développement de la matière électroacoustique de la pièce, réalisée par Bertrand Wolff & Damien Ravnich | Postcoïtum

MUSIQUE

«Forte d’une écologie des sons, elle (la musique spectrale) intègre le temps non plus comme une donnée extérieure appliquée à un matériau sonore considéré comme hors-temps, mais comme une donnée constituante du son lui-même. Elle s’efforce de rendre palpable le temps sous la forme “impersonnelle” de durées apparemment fort éloignées du langage mais sans doute proches d’autres rythmes biologiques qu’il nous reste à découvrir. (…)» (1)

 

L’enjeu est de trouver une cohérence entre les différents espaces sonores/vibrants. Il faut aussi établir dès lors un lien entre les sons de synthèse (à travers l’analyse de leurs morphologies) et le corps résonnant de la batterie dans son espace propre.
Ce dispositif peut permettre également de donner forme à l’exploration d’un temps extrêmement dilaté parfois et ainsi rendre sensible le plus petit degré de changement entre un son et le suivant. Le temps et son intégration comme objet même de la forme peut-il résoudre alors l’ensemble de ces questionnements ? Quelques solutions s’offrent à nous, en voici une liste non exhaustive :

— Exploration d’un temps “étiré” et d’un temps “contracté” différents de celui des rythmes du langage.
— Intégration du temps comme objet même de la forme.
— Réactualisation – à terme – d’une métrique souple et exploration des seuils entre rythmes et durées.
— Dialectique possible entre des musiques évoluant dans des temps radicalement différents.
— Approche plus “organique” de la forme par auto-engendrement des sons.
— Superposition et juxtaposition de formes déroulées dans des temps radicalement différent.

Ces processus compositionnels (lié à la musique électroacoustique d’une manière générale mais aussi à certaines préoccupations de la musique spectrale), nous permet d’appréhender finalement la musique en dehors de toutes structures définie a priori.

Nous nous devons donc d’aborder la composition musicale de manière suggestive afin de ne pas donner une simple illustration de concepts (Big Bounce (2), etc…) chargés de nos propres projections. Pour cela, une attention particulière est porté à la phénoménologie de la perception dans le rapport qu’entretiennent les spectateurs/ acteurs avec le dispositif de diffusion (position d’écoute).

Bertrand Wolff, compositeur

(1) Gérard Grisey, «Vous avez dit Spectral ?» — 1998
(2) Le Big Bounce ou «Grand Rebond» est un modèle cosmologique théorique de la
formation de l’Univers. Dans ce modèle cyclique, l’univers finit par se recontracter
après une phase d’expansion et est immédiatement suivi d’un nouveau Big Bang.

SONOGRAMME

Pour développer ensemble la plasticité sonore de la pièce et son vocabulaire musical Axelle Carruzzo & Bertrand Wolff se sont appuyés sur les UST – Unités sémiotiques temporelles – développées par l’équipe du laboratoire MIM de Marseille. Ainsi, l’utilisation de figures
sonores dans la signification musicale s’exprime à travers ce qu’elles évoquent au niveau des images suscitées par les sons (flottement, suspension, étirement…). Cette méthode leur a permis la création de l’organisation temporelle et la dynamique de l’œuvre.