Le Collectif

Si l’on comprenait tout, il est évident que l’on n’écrirait rien.
On n’écrit pas sur : deux + deux = quatre.
On écrit sur le malaise, sur les sentiments complexes qui naissent de : deux + deux = trois ou cinq.
Ainsi le voyageur écrit pour mesurer une distance qu’il ne connaît pas et n’a pas encore franchie.
de Nicolas Bouvier, in Le vide et le plein : carnets du japon 1964-1970

 

Interroger notre humanité par la plasticité des choses.
Déplacer les arts vivants vers les arts visuels et vice versa.
Établir en permanence des ponts entre les disciplines.
Questionner les rencontres et élaborer avec les artistes invités une fabrique du commun.
Transmettre et expérimenter.
Voila les thématiques qui font l’identité du N.U [NOS URGENCES] collectif

 

Notre collectif est né en 2001 et réunit à sa tête depuis 2010 Sébastien Lenthéric – comédien et Axelle Carruzzo, plasticienne.
Ensemble, ils réfléchissent et invitent d’autres artistes à développer des projets, tant dans le champ des arts vivants que dans celui des arts visuels. Son, musique, image, corps et texte se rencontrent dans leur univers pour créer des espaces possibles de partage & d’échange humain.

Une démarche créatrice appuyée sur la recherche et l’expérimentation

Nos urgences – collectif d’artistes est une structure à part dans le paysage régional des arts vivants. Sans jamais – pour l’instant – s’appuyer sur un texte théâtral, nous développons une écriture faite de lectures, de rencontres, d’interrogations mises en acte, de tentatives pluridisciplinaires. La recherche est donc pour nous le moteur principal de la création.

Artistiquement, ils collaborent avec : Lucille Calmel, Annie Abraham, Xavier Deranlot (Fanadeep) – Performeurs, Isabelle Sorente, Christophe Donner, Orion Scohy, Vincent Dorp – écrivains, Philippe Genty, Bérangère Vantusso, Matthieu Hocquemiller, J.M Bourg, Rita Cioffi – metteurs en scène et chorégraphes, Daniel Romero, David Olivari – programmeurs, M.A. Perez-Ramirez – compositeur et les groupes de musiques Labradore ou Postcoïtum …

Créations scéniques

Depuis «Routes et Déroutes» (spectacle autour de Nicolas Bouvier), le collectif a toujours eu le désir et la volonté de traiter la scène comme une matière proche de l’art contemporain, des arts graphiques ou de la performance. Par l’intermédiaire de Sébastien Lenthéric, la rencontre avec Philippe Genty a confirmé notre goût pour un théâtre d’images et de sensations.

Des écritures non théâtrales

Pour la plupart de nos projets, nous ne cherchons pas à monter tel ou tel texte d’auteur mais à nous laisser traverser par leur univers, leur vie. Ce qui nous intéresse avant tout c’est comment nous digérons l’oeuvre choisie ; comment nous la faisons nôtre ; comment nous rendons au public un parcours d’humanité plus que l’oeuvre en elle même. Nos créations sont donc toujours faites d’expérimentations et de tentatives hors des chemins balisés d’un texte théâtral.

Pour « Routes et Déroutes », il s’agissait de travailler avec la photographe Corinne Nguyen autour du voyage et de l’errance. Depuis 2009 c’est avec Axelle Carruzzo que le dialogue art vivant / art plastique s’est engagé. Avec le spectacle « Tête de Nuit » inventé à partir de l’univers noir et fantastique de
l’écrivain polonais Bruno Schulz, nous avons refondé les bases de notre esthétique autour de notions qui ont toujours étayer notre réflexion : un territoire de l’entre – deux, une esthétique de l’apparition / disparition, un questionnement sur le réel et le magique, le rêve et le politique / poétique.

Avec le spectacle « CAS_1 » autour de l’écrivaine Claude Cahun, nous avons tirer le fil de cette réflexion, poussant plus loin notre envie de décloisonner l’art vivant (théâtre / mouvement /marionnette), l’art contemporain, la performance et les musiques actuelles.
«A few seconds after darkness» notre création 2017, marque l’entrée du collectif dans une réflexion plus poussée sur les arts numériques, sonores et performatifs en s’inspirant des théories du big bounce ; la pièce est d’ailleurs accueillie en octobre prochain lors du Mèq festival, festival d’art numérique performatif de Humain trop humain – CDN Montpellier.

Cette multiplicité des supports va de pair avec notre volonté d’affirmer l’intérêt de nous confronter à chaque étape du travail à une monstration, et dire notre souhait d’associer les publics non pas au «produit fini» d’un spectacle préformaté, mais bien à une démarche, à une route à parcourir ensemble.
Un voyage qui commence dans l’inconnu.

Arts visuels

Pour aborder d’une autre manière les questions soulevées sur les spectacles, expositions et performances sont crées en parallèle. Ainsi, le collectif occupe plusieurs territoires de création, ses dernières pièces (CAS_1 et A few seconds after darkness), lui ont permis de créer de nouveaux ponts entre les arts et d’être accueilli tant dans le milieu musical que celui de l’art contemporain.

Ainsi ces dernières années, leurs travaux ont été présentés à :
– La Panacée | Centre d’art contemporain de Montpellier, en 2017
– L’ Aspirateur | Lieu d’art contemporain de Narbonne, en 2017
– La Galerie Les Bains Révélateurs à Roubaix, en 2015
– Le Lieu Multiple lors du Festival des Boutographies de Montpellier, en 2015
– Le Générateur | Lieu d’art et de performances, Paris, en 2014
– Le L.A.C | Lieu d’Art Contemporain de Sigean, en 2012
– La Galerie St – Ravy | Sur le Festival 100% musiques éclectiques, à Montpellier, en 2013
– Paloma | Scène de Musiques Actuelles de Nîmes Métropole, en 2015 et 2017
– Le Temps Machine | Scène de Musiques Actuelles de Joué – Lès -Tours (37) en 2015

Médiation et transmission

Depuis plusieurs années, médiations et transmissions artistiques donnent au collectif la possibilité de prolonger leurs recherches, en même temps qu’ils partagent avec les participants leurs interrogations, créant ensemble de nouveaux langages. Ils travaillent notamment avec des lycéens et des collégiens (Lycée Jean Monnet, Lycée La Merci Littoral et Collége Ambrussum notamment), affirmant ainsi la place de la transmission et du partage des outils de création dans l’identité de collectif.